J’avais depuis longtemps envie d’écrire sur un sujet dont je savais qu’il était important pour Josiane et Marilou, les violences familiales et conjugales.
J’ai utilisé pour cela la mémoire encore vive de mon adolescence. Il n’y avait qu’à se pencher pour ramasser les souvenirs. Je savais à l’époque que cette violence servirait un jour à quelque chose, sans évidemment savoir précisément à quoi. Je me suis souvenu du climat familial de ces années-là. Des jours heureux qui se juxtaposaient aux jours de drames. De la joie puis du chaos, sans cesse. Je me suis souvenu des promesses et des déceptions. Je me suis souvenu que le rire était la meilleure solution pour masquer les violences du foyer. Que le rire avait, aussi, sa place en enfer.
Je suis admiratif que deux figures aussi populaires que Josiane et Marilou, acceptent de s’emparer de ce sujet, sur scène, tous les soirs dans un grand théâtre parisien. J’espère que grâce à cela des spectatrices, des familles, comprendront qu’elles sont désespérément loin d’être seules.
Avec Ça, c’est l’amour je présente ma cinquième pièce d’héroïnes. Parce qu’il n’y a rien de mieux que des personnages centraux féminins au théâtre. Je ne sais rien écrire d’autre, ça tombe bien.
Jean Robert-Charrier